On croit souvent que l’océan commence là où s’arrête le sable… mais il commence aussi dans nos assiettes.


En Suisse, la consommation de produits de la mer se situe entre 9 et 16 kilogrammes par habitant et par an, des chiffres confirmés à la fois par l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG, 2025) et par le WWF. La consommation totale annuelle dépasse les 75 000 tonnes. 


Même à des centaines de kilomètres des côtes, nos choix alimentaires ont un impact direct sur la santé des mers. Derrière chaque filet de poisson ou fruit de mer servi, il y a des pratiques de pêche qui, trop souvent, menacent les écosystèmes marins. Comprendre cet impact, c’est faire un premier pas vers une consommation plus consciente – et un océan en meilleure santé.

Chaque année, plus de 185 millions de tonnes d’animaux marins sont consommées dans le monde, dont près de 90 % à des fins alimentaires (Market Data Forecast, 2024).

 Près de 38 % des stocks marins sont surexploités (FAO, 2024).

Chaque année, environ 4,9 millions km² de fond marin sont raclés par les chalutiers — soit environ 1,3 % de la surface océanique mondiale (Sala et al., 2021)

Chaque année, environ 640 000 tonnes d’engins de pêche abandonnés, perdus ou délaissés sont déversés dans les océans, représentant à eux seuls près de 10 % des déchets marins mondiaux (UNEP, 2024)


Ces équipements mettent jusqu’à 600 ans à se dégrader. (World Animal Protection, estimations actuelles)

Jusqu’à 70 % des déchets plastiques flottants dans l’océan sont liés à la pêche : filets abandonnés, cordages, lignes et casiers s’y accumulent et dérivent pendant des décennies (GreenMatch, 2024 ; FAO, 2022).

 
Ces déchets dits « fantômes » continuent à piéger et tuer les animaux marins. Ils aggravent aussi la pollution plastique mondiale.

Chaque année, plus de 300 000 cétacés — dauphins, baleines, marsouins — meurent dans les filets de pêche à travers le monde (IWC, 2025).

 En Europe, certaines méthodes tuent jusqu’à 10 000 dauphins par an, dont beaucoup s’échouent sur les plages françaises (Sea Shepherd, 2024 ; Observatoire Pelagis, 2023).

Le chalutage de fond libère chaque année entre 600 et 1 500 millions de tonnes de CO₂, en remuant les sédiments marins — autant, voire plus que l’aviation mondiale (Nature, 2021 ; Atwood et al., 2024).

 Un impact invisible mais massif, qui fait des océans non plus des puits, mais des sources de carbone.